Depuis 1995, plus de 230 exoplanètes ont été repérées. Et des milliards d'autres peuplent l'Univers. Une manne qui commence à livrer ses secrets.
En découvrant, en 1995, la première planète extérieure à notre système solaire, Michel Mayor et Didier Queloz ont ni plus ni moins posé un acte fondateur de l'histoire des sciences. Car, vingt siècles durant, l'humanité s'était demandée s'il y avait d'autre mondes, d'autres oasis perdues dans le désert infini et glacial de l'espace, ou au contraire si notre planète était, pour quelque raison que ce soit... unique. Et même les savants, portés par la certitude que la nature est connaissable parce qu'elle obéit à des lois universelles, ne jugeaient pas cette dernière hypothèse plausible, le fait est qu'il leur manquait la preuve formelle de l'existence d'autres mondes.
De fait, en découvrant un autre système planètaire, les astronomes suisses n'ont pas doublé le nombre de systèmes connus, non: ils ont porté ce nombre à l'infini, ou presque. En effet, tant qu'un seul système planètaire était connu - le nôtre -, il était impossible d'affirmer que le Soleil et ses planètes étaient le fruit naturel de l'évolution cosmique. Mais, dès lors que deux étoiles banales, le Soleil et sa soeur de la constellation de Pégase, possèdent des systèmes planètaires, la preuve était faite que les planètes étaient aussi universelles que les myriades d'étoiles qui saupoudrent la voûte céleste... Une conjecture qui, douze ans après le choc de la découverte de 51 Peg b (première exoplanète), se trouve confortée, littéralement jour après jour, par de nouvelles observations : au début mai 2007, 230 exoplanètes ont été trouvées dans la Voie lactée, notre galaxie. De quoi donner le tournis aux scientifiques : ils connaissent désormais près de trente fois plus de planètes extra-solaires que de planètes dans le système solaire!
(Science & Vie hors série 8/6/07)